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L’arbre, autrefois en Crète

La Crète était une île richement boisée.

Les pins garnissent les hauts plateauxDe véritables forêts de cyprès recouvraient les régions de Sfakia et de Selino. En Crète, les versants des montagnes étaient arborés. Pourquoi ces bois et forêts ne sont-ils plus aujourd’hui qu’étendues pierreuses et espaces dénudés ?

La Crète située à mi-chemin entre l’Orient et l’Europe, à peine distante de 200km de la côte africaine, fut de tous les temps, un point stratégique important. C’est ainsi que dès le VIème siècle, la Crète fut attaquée par les forces ottomanes qui parviendront à conquérir l’île et à l’occuper, une première fois, de 825 à 961.

L’abattage et l’exploitation outrancière des espaces boisés

L'abattage intensif des arbres a détérioré l'écosystèmeA cette époque pas si lointaine, les essences de cyprès et de pin étaient très recherchées. Le bois du cyprès surtout, très apprécié pour ses qualités, était utilisé dans la construction des bateaux de la flottille grecque, des galères ottomanes et égyptiennes.

En Crète, les sites d’abattage offraient l'avantage d'être proches du littoral, ce qui facilitait le transport.

Lorsque les Vénitiens prendront à leur tour possession de la Crète, ils y poursuivront l’abattage intensif des forêts de pins et de cyprès. En ces périodes troubles, les besoins en bois étaient devenus encore plus importants car la voile triangulaire est née. Elle permet de construire des bâtiments de guerre et des bateaux commerciaux plus imposants.

Depuis lors

Depuis, des siècles ont passé mais une forêt ne se reconstitue pas aisément, la péninsule de Rhodopes, au Nord-Ouest de l’île, proche de Chania (Hania), était entièrement boisée, y subsistent aujourd’hui quelques arbres et à Vouves un célèbre olivier, au tronc impressionnant, serait l’un des plus vieux arbres de Crète.

Pourtant, toujours belle

Aujourd’hui en Crète, la végétation y est dégradée et l’érosion lentement se poursuit. Autour et en bordure de la belle plage d’Elafonissos et sur l’ilot d’Elafonissi, couverte de dunes de sable mobiles, pousse lentement une espèce de cèdre, le Juniperus Oxycedrus, considérée comme en danger et aujourd’hui protégée. Dans la région d'Aradena, des forêts de pins sont rongées par une étrange maladie. Les grandes forêts sont devenues rares en Crète, pourtant la toujours belle. Les vallées y son vertes. Des boisements de pins subsistent sur les hauts plateaux. Dans les zones montagneuses du mont Ida et du Lefka Ori, s’y côtoient pins et érables, des forêts de châtaigniers et d’hêtres agrémentent le paysage.

Chaque espèce en Crète possède son histoire.

Le platane du village accueille les avis sur son tronc Comme par exemple :le caroubier, venu d'Arabie. En Crète, il est aujourd’hui cultivé, autrefois, il y était vénéré. Le caroubier s’adapte merveilleusement au manque d’eau. La graine de son fruit, appelé carat, est dérivé du mot grec : kération. Cette graine servait dans l’Antiquité d’étalon, d’unité de mesure pour peser les métaux précieux tels que : l’or, les diamants. Un carat correspondait au poids d'une graine de son fruit, le caroube.

L’olivier fait partie de la mythologie grecque. Les Dieux Athéna et Poséidon se querellaient pour la possession d’Athènes. Zeus va intervenir, soucieux d’éviter un conflit dévastateur. En grande sagesse, il va demander aux deux antagonistes de choisir une offrande pour l'Acropole, la plus utile pour le peuple, désignera le vainqueur. Athéna proposera un arbre : l’olivier, si précieux pour son huile et sera désignée vainqueur. L’olivier est présent en Crète depuis le Minoen, jusqu’à une altitude de 700 mètres, on le trouve presque partout. On compte en Crète, une soixantaine d’arbres par habitant !

Le platane, arbre honoré et estimé. C’est sous le platane toujours vert de Gortyne en Crète, que Zeus, comme le dit la légende, aurait pris Europe pour épouse.

C’est sous les platanes ombrageux d’une place de Sparte que les jeunes gens s’initiaient au métier des armes, y pratiquaient gymnastique et sports. C’est le bois du platane qui aurait servi à façonner le cheval de Troie. Cet arbre majestueux, grandit tout en hauteur et en largeur. Il peut atteindre plus de 40 mètres en hauteur, son espérance de vie est de 1.000 ans, il symbolise la longévité. Les tavernes, sous ses lourdes branches, y installent tables et chaises car il est un lieu de rencontre ombragé et convivial où les hommes se réunissent.

Le platane de la place, depuis l’Antiquité, est un lieu de rencontre où s’échangent, les potins, les aspirations des uns et des autres, les événements du jour et ceux de hier. Il est un lieu d’informations également. Son tronc au diamètre impressionnant accueille les annonces de la Mairie, les avis de décès, des messes-souvenirs qui ont lieu en l’honneur des défunts. C’est agrafés sur son tronc que sont annoncées les festivités des villages environnants, le nom des églises qui fêtent leur Saint-Patron, les soirées crétoises, où l’on danse jusqu’à l’aube.

Ce vieux platane est le cœur du village, y palpitent passé et futur, joies et peines. Tout comme le Crétois, il ne craint pas les taillages (blessures) fréquents. Tout comme l’âme crétoise, il est résistant et quasi immortel.


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