bannecrete.jpg

Les potins de Crète

Semaine du 16 février 2010

Une crise difficile à gérer

Durant trois semaines des barrages ont bloqué la nationale de Patras et le lieu de passage à la frontière Gréco-Bulgare. Les conséquences économiques sont désastreuses pour les deux pays.
En Grèce, il existe des hôtels qui font leur chiffre d'affaire exclusivement en hiver. Le blocus a frappé durement l'industrie du tourisme dans la région de Trikala. Chaque jour, des centaines de milliers d'euros furent perdus à cause du blocus des routes. La Fédération panhellénique des hôteliers a déposé un minimum de huit plaintes, décidée d'intenter un procès contre ceux qui ont entravé leur travail.

La grogne se propage

La semaine dernière, les fonctionnaires, les enseignants étaient en grève pour protester contre le gel des salaires annoncé et le relèvement de l'âge de la pension, ils voulaient également protester contre les mesures d' économie annoncées, craignant de voir les salaires gelés, tout comme ceux des fonctionnaires. La grogne se manifeste également dans d'autres secteurs : les fonctionnaires du fisc et ceux des douanes prévoient des débrayages. Des fermiers et petits producteurs ont déjà protesté en déversant des centaines de litres sur les routes, ils dénoncent les prix à la baisse qui ne se répercutent nullement au niveau du consommateur. Les médecins des hôpitaux publics ont rallié les mouvements de contestation en décrétant une grève de 24 heures, ils sont contre le plan d'austérité annoncé par le Ministre des Finances qui veut réduire le financement public des hôpitaux.

Un taux attractif

Désormais, la Grèce est le seul pays de la zone euro a affiché une note inférieure à A-. Les cours des emprunts de l'Etat se sont effondrés, bien qu'une sortie de la zone euro de la Grèce n'est même pas envisageable, les spéculateurs néanmoins attaquent l'économie fragilisée du pays qui vient de lancer des emprunts en offrant un taux attractif de 7%.

La Canée à sec

Les fonctionnaires des douanes ont annoncé descendre en grève et celle-ci risque d'être suivie par les propriétaires des stations-services. Il n'en fallait pas plus pour que la panique s'installe et que des files de voitures se forment devant les distributeurs, craignant un épuisement des stocks d'essence. Au soir du 17 février la moitié des stations étaient sans carburant dans la Canée et la pénurie risque d'être totale dès le lendemain. La panique du consommateur ne facilite rien. Il leur est rappelé que le stockage de carburant dans des bidons est interdit et dangereux, car l'électricité statique peut provoquer l'allumage, transformant les bidons en bombes mouvantes.

La région d'Evros inondée

Ce mi-février, la situation dans la région d'Evros est critique, l'état d'urgence a été décrété. La rivière Arda devrait encore gonfler car la Bulgarie n'avait pas encore lâché les eaux de ses barrages. Le fleuve Evros est au même niveau qu'en 2007, année des catastrophes majeures. Toutes les fermes des environs sont inondées. Des barrages de sacs de sable, des talus ont été créés, les pompes à eau fonctionnent. Le village de Poros pourrait être évacué. Ces nuisances chroniques ne pourront être supprimés qu'avec une concertation politique et un accord commun entre les pays concernés, à savoir la Grèce, la Turquie et la Bulgarie.

Retour en haut

Aide à domicile

Les salariés de "Aide à domicile" de la Canée, contrairement à beaucoup, sont payés à heure et à temps par leur Municipalité. Ils sont néanmoins inquiets car ils pourraient changer bientôt d'employeur et être financés dans le futur par l'Etat. Certains craignent de perdre ainsi leur emploi, d'autres leur ancienneté,après plusieurs années de service prestées avec des renouvellements de contrats d'embauche annuels. Le mercredi 18 février, a réuni tous les maires de l'île à Heraklion ainsi que les présidents des services publique des municipalités, afin de trouver des solutions.

L'inquiétude monte dans le bureau du Premier Ministre

Le Premier ministre a demandé au Parlement l'appui du principal parti de l'opposition: "Nouvelle Démocratie", parti d'Antonis Samaras récemment élu. M. Samaras, leader responsable a accepté, sans toutefois délivrer un chèque en blanc. Il a en outre, appelé le parti gouvernemental à ne plus donner des leçons de responsabilité à son parti, en rappelant à M. Papandreou que l'année dernière il n'avait pas hésité à encourager les agriculteurs de Crète venus au Pirée de se rendre à Athènes sur leurs tracteurs, après avoir qualifié de "miettes" les 500 millions d'euros que donnait le gouvernement de l'époque.
Le gouvernement se dit fermement décidé à appliquer des mesures douloureuses et impopulaires pour sortir son pays du marasme. A la surprise de tous, il vient d'annoncer une augmentation immédiate des taxes sur le fuel.

Le dossier Siemens

Le leader Antonis Samaras du parti de "La Nouvelles Démocratie", a informé les membres de son parti qu'il soutient l'ancien Premier, issu de son parti, Monsieur Karamanlis, qui pourrait être appelé devant une commission parlementaire concernant l'envoi d'une lettre de remerciements à l'ancien dirigeant de Siemens Hellas, Monsieur Christoforakas après les élections de 2004. Monsieur Samaras ne s'oppose pas à cette comparution. Le parti conservateur a minimisé la signification de cette lettre, la qualifiant d'être un "'envoi standard", adressé à tous ceux qui avaient contribué et aidé par des dons la campagne du parti. Monsieur Samaras a insisté , disant que le parti devait se positionner davantage et mettre en évidence qu'il ne cherche nullement à se distancer de M. Kostas Karamanlis. Mr. Christoforakas est accusé de diriger une caisse noire, de gratifier politiciens et fonctionnaires publics pour obtenir des parts de marché pour son entreprise.

Commission Parlementaire

Il a été annoncé le 17 février que le présentateur de télévision Mikailis Triandafylopoulos sera entendu par une Commission Parlementaire et interrogé concernant des conversations secrètes, enregistrées entre Monsieur Christoforokos et ses avocats Allemands. Le journaliste avait commencé à publier sur son site www.zougla.gr,des passages de conversations, où Monsieur Christoforokos nomme des politiciens qu'il aurait généreusement arrosé. Ces enregistrements n'ont aucune valeur et ne sont pas pris en compte dans les Cours de Grèce ou d'Allemagne mais la Commission Parlementaire pourra s'en servir, soit pour poursuivre un coupable, soit pour innocenter un suspect.

Les banques resserrent les cordons de la bourse

Les banques accordent des prêts avec grande précaution, elles ont réduit toutes les formes de crédit, aux ménages tout comme aux entreprises. Pourtant, en ce qui concerne le total des dépôts des entreprises et des ménages dans la préfecture de Chania, selon la Banque de Grèce, il semble que l'on soit dans la même fourchette que l'an dernier. La liquidité devient aujourd'hui chose importante pour les banques qui sont confrontées à l'augmentation de prêts devenus douteux, en raison de la crise économique qui sévit et qui fait sentir ses effets dorénavant en Crète.

Semaine du 23 février 2010

Températures inattendues en Crète

Ce vendredi 19 février, tout le monde se demandait, incrédule, si l'été n'était pas de retour. Les températures crétoises affichaient des sommets irréalistes pour la saison et le mercure flirtait avec les 30 degrés Celsius. Un phénomène rare qui a drainé vers les plages des familles entières, heureuses de pouvoir profiter de ce cadeau céleste qui fut certes de courte durée car le vent qui soufflait de Afrique toute proche, allait en fin de journée gagner en intensité et souffler avec des pointes de 9 Beaufort, transportant avec lui l'air chaud, mais également la poussière de sable du désert Libyen. Les pluies sporadiques qui ont suivis ont obligé les ménagères à sortir brosses, seaux et tuyaux d'arrosage car le sable s'était déposé partout.

En Crète, les mandarines et les pamplemousses sont offertes!

Un producteur de la Canée, jugeant les prix trop bas, offre sa récolte aux institutions d'aide sociale de la préfecture. Vingt tonnes sont ainsi offertes et proposées aux sociétés de bienfaisance. C'est la première fois, qu'un producteur prend une telle initiative.
Il justifie son acte par son impossibilité de rentabiliser sa production car les prix au marché de gros sont trop bas. Déduction faite des frais fixes et des coûts de la récolte, des frais d'emballage et d'acheminement il ne reste plus rien !
Le Centre pour enfants autistes La Vierge Marie de la Préfecture de la Canée a profité de l'offre en recueillant une grande quantité de mandarines pour ses besoins personnels. Les institutions et même les particuliers qui sont intéressés par l'offre, peuvent se rendre dans les champs pour se procurer mandarines et pamplemousses !
Le producteur dénonce la situation actuelle : sa production est achetée entre 15 et 20 centimes le kilo et se retrouve sur les étales des marchés et des magasins à 1,50 euro. Les intermédiaires profitent de grosses marges bénéficiaires, le consommateur paie des prix prohibitifs et le producteur ne gagne plus rien.

Pluie de taxes nouvelles

Une augmentation de la TVA et des taxes sur le carburant n'est pas exclue. Cette décision certes impopulaire, les ministres à l'unanimité, veulent la prendre avant la date butoir du 15 mars prochain. Le Conseil des ministres, réuni le 19 février, a donc envisagé cette possibilité qui est a classer parmi les mesures complémentaires demandées par Bruxelles. Le Premier ministre Georges Papandreou, lui-même, a jugé que des mesures supplémentaires seront inévitables pour pouvoir ramener le déficit à 8,7% du PIB.
Les ministres ont convenu de prendre des décisions rapidement, avant qu'elles ne soient imposées par Bruxelles. Le Premier ministre a demandé à ses ministres de présenter des rapports d'évaluation d'ici le Mars 8, pour qu'un rapport détaillé puisse être présenté à l'Union européenne. Dans le cas d'un scénario de hausse de la TVA de deux points, qui passerait de 19% à 21%, ce chiffre devrait amener une recette supplémentaire de 2 milliards d'euros.
Parmi les nouvelles mesures envisagées, une augmentation des taxes sur les carburants entraînerait un rapprochement de la moyenne pratiquée dans l'Union européenne. La récente augmentation des taxes sur les carburants a conduit à une augmentation de prix de 15 centimes, les recettes supplémentaires attendues sont estimées à 1 milliard. Une autre mesure devrait être prise prochainement, elle va imposer une nouvelle taxe sur certains produits de luxe et une taxe sur les voitures du haut de gamme. Globalement, le gouvernement, grâce à ses mesures, espère réduire le déficit d'environ 2,5 milliards d'euros.

Le contrôle technique ignoré.

Un recensement effectué sur les trois dernières années révèle qu'une voiture sur trois roule en Grèce sans avoir passé le contrôle technique. Cela représente plus de deux millions et demi de conducteurs qui auraient ignoré ce test de sécurité obligatoire. En sus des risques encourus sur la voie publique, cette omission volontaire est un manque à gagner pour l'Etat important, que l'on peut chiffrer à plus d'un milliard d'euros.
La loi existe : toute nouvelle voiture doit subir un test trois ans après sa mise en circulation. Par la suite, tous les deux ans. En outre, les propriétaires des centres de contrôle dénoncent la corruption existant dans des centres étatiques d'analyse, en affirmant que les conducteurs allongent et paient des commissions occultes pour que leurs véhicules passent l'inspection.

Le maquillage fond

Pour occulter l'ampleur de sa dette, l'Etat grec aurait emprunté en 2001 et peut-être en 2002, pas moins d'un milliard d'euros sans que cette opération n'apparaisse dans ses comptes, ni dans ses statistiques. Ce savant montage financier, mis au point par la banque américaine Goldman Sachs, était légal à l'époque, il s'agissait d'un échange de monnaie et non d'un emprunt officiel. Cela aura permis à la banque d'empocher la somme coquette de trois cent millions de dollars de commissions et à la Grèce d'entrer dans la zone euro par la grande porte, tout en continuant de vivre au-dessus de ses moyens. Les dépenses excédant les rentrées fiscales dans un pays où rien n'a été entrepris durant ces années pour combattre une fraude fiscale généralisée et pour améliorer la perception de l'impôt.

Retour à la page d'Accueil

Flèche de retour