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De l’occupation ottomane à l’indépendance

L'invasion de 1669

La statue de Venizelos domine la place de Therissos La conquête de la Crète par les Turcs se fit en 1669. Durant l'occupation ottomane les nouvelles règles de vie furent associées à l'organisation sociale et religieuse de l'occupant. Les soulèvements populaires durant cette longue période d’occupation seront fréquents, tous seront violemment réprimés et voués à l’échec.

Ils réagissent, enfin !

Ce n'est que plus de deux siècles plus tard qu'Elefthérios Venizélos, dont la statue domine la petite place du village de Therissos, réussira à donner la liberté à sa Crète bien-aimée. À la mi-janvier 1897, les deux communautés, une nouvelle fois, s’affrontent, les exactions commises seront nombreuses. La résidence de l'évêque de La Canée est incendiée, les quartiers chrétiens de la ville sont pillés, sa population poursuivie. Ces crimes vont susciter la colère du gouvernement grec, le 9 février 1897, un bâtiment de guerre est envoyé en Crète, 1500 hommes y débarquent, prêts à se battre contre ce pouvoir ottoman, maintenant aidé par l'Egypte, qui opprime depuis trop longtemps le peuple crétois. Les grandes puissances de l'Europe vont réagir, ils connaissent l'importance stratégique de la Crète, craignent l'extension du conflit, et c'est ainsi que cette petite Crète sera placée sous la protection internationale des Grandes puissances européennes.

Il fut long le chemin.

Désireuse de sauver son honneur l’l'Empire ottoman sait la partie perdue mais dans un dernier sursaut d’orgueil, elle va décider d'envoyer des renforts militaires sur l'île. Les puissances européennes vont l’en empêcher.

Spiros Kavales, un héros, une légende.

Le 9 février 1897, les Grandes Puissances sont devant Chania. L'Angleterre, la France, la Russie, l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie se sont mis d'accord. Il leur faut mater ce nouveau soulèvement crétois, il faut que cessent ces exactions, ces conflits incessants entre la communauté chrétienne et l'Ottomane, aidée depuis peu par l'Egypte de Muhammed Ali, Vali.

 Voilà trois semaines que les affrontements perdurent, les quartiers chrétiens son incendiés, des familles entières massacrées et un bateau de guerre grec vient d'arriver pour les secourir, les défendre.

1.500 soldats grecs sont sur place, leur drapeau flotte au vent. La coalisation intervient et la Canée est bombardée. L'armée révolutionnaire d'Akrotiri tente de résister, mais le bombardement est intense. Le mat où flotte le drapeau grec est touché, tombe.

Un révolutionnaire, Spiros Kayales se précipite, ignorant le danger, se sert de son corps comme d'un mat pour lever le drapeau, du plus haut qu'il ne le pouvait. L'Amiral italien Kanevaro, étonné par cette action, donna l'ordre de cesser le bombardement.

Le calme est bientôt rétabli, toutes les puissances ont intérêt à stabiliser la situation, ce sera la Russie qui prendra l’initiative de proposer Georges de Grèce au poste de gouverneur de Crète. Seuls l'Allemagne et l'Autriche rejetteront cette proposition et quitteront la coalisation internationale mise en place.

La Crète, placée sous haute protection

Le 25 novembre, les représentants à Athènes de la France, de l'Italie, de la Grande-Bretagne et de la Russie proposent Georges au poste de haut-commissaire de Crète, sans remettre en cause la suzeraineté du sultan sur l'île.

Le 9 Décembre 1898, l'indépendance de la Crète est proclamée, le prince Georges est accueilli au port de Souda. Désormais, la Crète aura son propre drapeau et sa propre monnaie mais elle poursuivra opiniâtrement sa lutte, elle veut s'affranchir, elle ne veut plus être sous la tutelle des Puissances européennes. Elle va désormais revendiquer son rattachement, tant désiré à la Grèce, mais que les Grandes puissances, de leur côté, ne veulent avaliser.

La lutte crétoise se poursuit

Le peuple crétois, épris de liberté, ne peut se satisfaire de cette fausse liberté qu'on lui impose et une fois encore il osera se lever et se battre. En 1905, l'insurrection de Therissos éclate contre le gouvernement fantoche crétois. Elle est menée par Elefthérios Venizélos qui dénonce la corruption d'un pouvoir, soi-disant crétois, à la solde des Puissances étrangères. Le prince Georges démissionnera le 12 septembre 1906. Il sera remplacé par Alexandre Zaimis, nommé pour une durée de cinq ans, mais qui n'achèvera pas son mandat.

Le serment d'allégeance

Le 23 septembre 1908, profitant de l'absence d’Alexandre Zaimis, une réunion à La Canée s’empressera de ratifier l'union de la Crète à la Grèce. Elle annulera la constitution de la Crète occupée et la remplacera par la constitution grecque et nommera les représentants d'un gouvernement provisoire, qui prêteront serment de fidélité et d’obéissance, le surlendemain, devant l'évêque de Kydonia et d’Apokoronou, au roi des Hellènes.
Le gouvernement grec, qui craint la réaction de la Turquie et les complications internationales qui s’en suivraient, s’abstiendra d’avaliser officiellement cette déclaration d’Union car en cette période troublée, la région des Balkans est en ébullition. La première guerre des Balkans ne pourra être évitée, la Bulgarie, la Serbie, la Grèce et le Monténégro, soutenus par la Russie, feront alliance ( Ligue balkanique ) pour écraser l'empire Ottoman.

L'emprise étrangère

Le 14 février 1913 les drapeaux des grandes puissances flottent au vent, à la forteresse de Souda. Trois mois plus tard, le 31 mai, sera ratifié le Traité de Londres, la Crète est placée sous la protection des Grandes puissances et le sultan devra renoncer à ses droits sur l’île. La grande Macédoine historique est partagée entre la Grèce, la Serbie et la Bulgarie. Ce partage ne satisfait guère les parties concernées. La seconde guerre balkanique va opposer, durant l'été, la Bulgarie à ses anciens alliés. La Bulgarie sera vaincue. La Serbie, perçue comme un satellite russe, doublera son territoire mais n'aura pas accès à la mer Adriatique, ni à la mer Egée dévolue à la Grèce.

Le drapeau grec flotte dans la Crète libre

Et enfin, le 1 décembre 1913, une cérémonie émouvante récompense les siècles de luttes, de sacrifices, et d’attentes du peuple crétois. Le drapeau grec est hissé au mât du fort "Firkas" à Chania, déclarée capitale de la Crète.
L’Union (L’Enosis) tant espérée, tant attendue est devenue réalité et le drapeau bleu et blanc de la Grèce, maintenant danse et ondule dans le ciel bleu d’une paix éphémère car malheureusement, d’autres conflits sanglants au loin se préparent. La région de Balkans est une poudrière. A Sarajevo, François-Ferdinand, prince héritier d'Autriche et son épouse sont assassinés. La planète Terre va s'embraser, le premier conflit mondial est désormais devenu certitude.


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