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Lorsque pirates et corsaires sévissaient en Méditerranée

La Méditerranée orientale a été le témoin de batailles féroces, citons en apogée, le Siège de Constantinople. En 1390, les forces ottomanes avaient atteint la côte d'Asie Mineure, voulurent ensuite dominer les mers, en dépit de leur manque de tradition nautique.

Les Vénitiens, d'autre part, convoitaient la région, la considérèrent comme la leur, après l'effondrement de Byzance. Iles et villes côtières étaient pris entre deux feux entre les deux parties, qui cherchaient à dominer la voie maritime. Cependant, en ces périodes de conflits, la sécurité des routes commerciales maritimes était loin d’être assurée et une troisième force émergeante apparu, les pirates et les corsaires !

La piraterie eut un impact considérable sur l'activité économique, elle a aussi affecté la politique et la stratégie militaire, les alliances qui ont été forgées et brisées ou qui favorisaient une puissance maritime particulière ou une foi religieuse. Les traces de la piraterie sont encore visibles aujourd’hui, elles sont gravées sur la terre et dans le temps. Sur de nombreuses îles de la mer Égée, certains noms de famille grecs, comme Leventis, Spantis, Sarakinos, Arapis etc, ont lien avec les pirates et leurs semblables, même si de nombreux Grecs pensent encore aujourd'hui que les corsaires étaient la propriété exclusive des Caraïbes, comme en témoignent les films hollywoodiens.

La Crète, ses pirates et ses mercenaires.

Philopœmen, celui qui commandera quelques années plus tard la Ligue Achéenne, fut appelé en Crète, par la cité de Gortyne en tant que conseiller et chef militaire. Nous sommes 200 ans avant J.C, la Crète, ou plutôt ses pirates et mercenaires livrent bataille contre Rhodes sa puissante voisine. Les mercenaires crétois sont présents dans de nombreux conflits, on en dénombre des centaines, une cinquantaine d'années plus tard dans les troupes de Ptolémée VIII. A cette époque, la Crète est un repaire infesté de pirates, mais à cette époque lointaine, des pirates, corsaires et mercenaires, il y en avait partout.

Une source de revenus

Les Crétois, en tant que mercenaires participèrent à de nombreux conflits, si fréquents à cette époque entre cités. Ils furent des archers redoutables et maniaient l’épée avec dextérité. Leurs boucliers d’airain se transformaient en arme lors des combats en corps à corps. les conflits armés étaient des sources de revenus pour ces mercenaires téméraires car le droit de pillage, des cités conquises, leur était acquis et leur procurait des revenus non négligeables.

La mauvaise réputation

Les différends, à cette époque ne se réglaient que par les armes, la violence était quasi quotidienne et malheur aux vaincus ! Le mercenaire crétois si brave et courageux au combat fut l'objet de critiques acerbes, souvent justifiées. Epimenides, pourtant natif de la Crète, le qualifiera de menteur. L'apôtre Paul, traitera le Crétois de "ventres paresseux, de félons" et le poète Callimaque ne les épargnera guère, lorsqu'il écrira : "Les Crétois sont toujours menteurs, car il vous ont érigé un tombeau, ô Roi Jupiter ! Vous, qui êtes immortel !".

Philopœmen et la Ligue Achéenne

La Ligue Achéenne, menée par Philopœmen, obligera après de violents combats, Nabis, tyran-roi spartiate d'abandonner Messène, cité du Péloponnèse, qu'il avait conquise et réduite en esclavage. La Macédoine qui craint Rome, va s'allier avec Nabis, lui offrant la cité d'Argos, située en Argolide dans le Péloponnèse.

Rome décide d’attaquer Argos

Nabis est néanmoins affaibli et les légions de Quinctius auront tôt fait d'obliger Nabis a abandonner Argos. La paix, sous la forme d'une longue trêve est signée. Nabis sauve son trône mais il doit retirer ses corsaires des cités crétoises, payer une indemnité durant huit années et fournir à Rome un contingent de 600 Crétois.
Nabis sera définitivement vaincu en Laconie, région située à l'extrême sud-est de la péninsule du Péloponnèse. Il mourra assassiné selon les uns, empoisonné selon d’autres, en 192. Sparte rejoindra à son tour la Ligue Achéenne, perdant son indépendance politique et surtout sa suprématie, Sparte est définitivement vaincue.

La Macédoine devient province romaine

Rome va bientôt faire avancer ses légions vers la grande Macédoine. La bataille de Pydna en 168, scellera la défaite du dernier roi hellène. Persée est vaincu. La Macédoine sera divisée en quatre cantons, chacun possédant sa capitale administrative : Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pelagonia. Vingt années plus tard, après trois années de siège la grande cité portuaire grecque de Corinthe est rasée et pillée à son tour.

La Grèce fascine

La Grèce occupée et soumise est mieux traitée, elle est simplement sous tutelle, surveillée. Rome respecte sa culture, ses philosophes, ses artistes. Les décisions sénatoriales de Rome qui la concernent sont traduites dans la langue grecque, à l’est de l’empire romain les peuples parlent grec et même l’Empereur César adoptera cette langue.

Evangélisation et Croisades

En l’an 51 l’apôtre Paul, hellénisé est en Grèce. Le christianisme se répand en Europe, devient religion officielle à Rome. L’empereur Constantin fonde Constantinople. Byzance est née. Constantinople et Rome, Byzantins et Latins se partagent désormais la Chrétienneté.
La rupture des deux églises surviendra en 1054, l'année du grand schisme. Surviendra ensuite le temps maudit des croisades et des guerres de religion. La quatrième croisade sera détournée de son objectif, Constantinople la grecque, la chrétienne, sera saccagée par les croisés en 1204.
Deux siècles plus tard, Mehmet II déferle sur les Balkans, occupe le continent grec et ce ne sera que quatre siècles plus tard que les forces ottomanes seront refoulées et la liberté retrouvée.


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