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Le pays aux sept référendums

Un parcours politique instable

En Grèce, depuis 1920, seulement 5 législatures sont arrivées à terme, le peuple ayant été appelé aux urnes ..... 30 fois ! Sept référendums y furent organisés ! Un fut contesté, un autre toléré, puis contredit par le suivant et trois furent des parodies, ils se déroulèrent sous des dictatures.

La guerre des trente jours

Notre histoire débute par une catastrophe lorsqu'en 1897, décidant de secourir la Crète occupés qui se bat contre le sultan, la Grèce y envoie un détachement. Les hostilités sur le continent débutent en même temps en Thessalie. Les Grecs seront vaincus en Épire, les Crétois subiront les pires exactions.
Les grandes puissances vont intervenir tardivement pour arrêter le bain ce sang, ils imposeront un traité : la Grèce devra renoncer à la Crète et son territoire sera rogné du côté de la Thessalie.

Les Balkans sont à cette époque en ébullition

Surviendront les deux guerres balkaniques et en 1914 le premier conflit mondial qui s'achèvera en 1918. Eleftherios Venizélos, en 1917, réussira a engager la Grèce aux côtés des Alliés. A la fin du conflit, les Grecs sont dorénavant présents à Smyrne. la guerre avec la Turquie de Mustafa Kemal est proche.

Le premier référendum

Le gouvernement de Dimitrios Rallis organise un référendum le 5 Décembre 1920 sur la question du retour du roi Constantin. Le retour du roi, en exil sera adoptée par 99% des Grecs. Un résultat surprenant, voire suspect. Il sera contesté. Constantin Ier, la reine Sophie et le diadoque Georges regagnent donc Athènes le 19 décembre suivant. Les forces alliées et surtout l'Angleterre n'apprécient guère le retour du pro-allemand Constantin, son épouse n'étant autre, que la sœur du Kaiser Guillaume II.

Constantin est à peine sur le trône, que les hostilités avec la Turquie reprennent. L'avancée des troupes hellènes est rapide, Ankara est proche mais les forces kémalistes vont reprendre l'offensive et défaire définitivement l'armée grecque. L'armistice signé le 11 octobre 1922, est entériné par le traité de Lausanne quelque mois plus tard.

La catastrophe d'Asie Mineure

Les conséquences sont nombreuses. Ce sera tout d'abord l'exode forcée de 1,5 millions de Grecs et des populations chrétiennes d'Asie Mineure et le départ massif des populations turques du territoire grec. C'est la fin de la présence hellénique en Asie, sur des terres occupées depuis plus de trois siècles. Constantin Ier, abdiquera pour la seconde fois en faveur de son fils aîné Georges II en 1922. Une tentative de coup d'État sera fromentée par Metaxás et les monarchistes en octobre 1923, les élections qui s'en suivront en décembre, obligeront l'ex-roi Georges II de partir en exil vers la Roumanie avec sa famille.

Le deuxième référendum

En 1924, l'assemblée constituante annonce un référendum, qui aura lieu le 13 avril. Il s'agit de se prononcer pour ou contre l'abolition définitive de la monarchie. Le vote républicain remportera 69,95% des électeurs. Des institutions provisoires seront rapidement mises en place et la Deuxième République hellénique est proclamée par le Parlement le 25 mars 1924.
En Juin 1925, le général Théodoros Pangalos, antimonarchiste convaincu, celui qui était aux premiers rangs lors de la révolte qui obligea le roi à abdiquer en 1922, va organiser un coup d'Etat sans effusion de sang, et sa prise du pouvoir sera reconnue par l'Assemblée nationale qui le nommera Premier ministre. Il dirigera une dictature militaire jusqu'à son renversement le 24 août 1926.
En effet, l'Amiral Pávlos Kountouriótis, le 24 août 1926, renverse à son tour le régime dictatorial de Theodoros Pangalos et forme un gouvernement, en proclamant des élections pour Novembre. Il cédera sa place à Aléxandros Zaïmis le 9 décembre 1929, qui sera le 2e président civil de la République jusqu'au 10 octobre 1935.

Onze coups d’Etat royalistes ou tentatives avortées !

Mars 1935 : Nouvelle tentative de coup d’Etat par des officiers vénizélistes, tenue en échec par le général Kondylis. Plus de 2 000 officiers sont limogés. Le 10 octobre 1935. Kondýlis s'autoproclame alors régent et convoque la tenue d'un référendum visant à restaurer la monarchie.

Le troisième

Le référendum se déroule le 3 novembre et aboutit à une victoire éclatante des monarchistes. En novembre, un autre coup d’Etat soutenu par Venizélos qui est de retour remet sur le trône Georges II et en avril 1935, le général Metaxás est nommé premier ministre. Le pays quasi ingouvernable est profondément divisé et au bord du chaos. 1936 : Le Général Ioannis Metaxás, face aux luttes ouvrières, va instaurer une dictature qui aura comme but avoué de rétablir l'ordre, combattre le communisme, Le deuxième conflit mondial se prépare. Le 28 octobre 1940 : Le gouvernement italien envoie un ultimatum à la Grèce, contrairement aux attentes du Duce Mussolini, Metaxás refuse. La Grèce rentre dans le conflit. Le 22 avril 1941, le roi et ses ministres se réfugient en Crète, avant de partir hors pays. Le 12 octobre 1944 : Les derniers Allemands quittent Athènes. De janvier 1945 à avril 1946, huit gouvernements se succèderont !

Le quatrième

En 1946, le gouvernement populiste et royaliste de Constantin Tsaldaris annonce un référendum pour le premier septembre, il s'agira de se prononcer pour ou contre le retour du roi. Il sera boycotté par les républicains et les communistes. La victoire des royalistes permettra le retour de la monarchie. Mais, les résultats sont contestés et une affreuse guerre civile commence et va déchirer le pays. En 1947, Paul Ier, fils de Constantin Ier et de Sophie de Prusse, monte sur le trône. Cette guerre intestine s'achèvera le 6 octobre 1949. Bilan et conséquences sont désastreuses : plus de 150.000 morts ou disparus, des milliers de familles et d'enfants transférés vers des pays du bloc communiste.
En 1964 Constantin II, fils de Paul Ier et de Frederika de Hanovre, succède à son père Paul Ier. Il ne le sait, mais il est l'ultime souverain du pays.

Le cinquième

Le Régime dit "des Colonels" débute le 21 avril 1967. La junte militaire, représentée par Papadopoulos, soumet une nouvelle constitution préparée par ses services au peuple. 92,21% des suffrages y sont favorables. Le premier juin 1973, la monarchie est abolie par la junte.

Et le sixième

Le 29 juillet 1973 des nouvelles réformes constitutionnelles sont soumises à référendum Débute la troisième république et l'abolition définitive de la monarchie. Constantin II n'est plus roi de son pays depuis le 1er juin 1973.

Et enfin, le dernier

Après la chute de la dictature, causée par les événements de Chypre et la révolution estudiantine, le gouvernement de Constantin Caramanlis à son tour va organiser un référendum le 8 Décembre 1974. ll concernait la monarchie qui sera bientôt confirmée abolie car une large majorité va se prononcer contre elle. Une nouvelle ère va débuter, elle sera dénommée troisième république. Désormais, l'ex-couple royal est interdit en Grèce. Constantin, en simple citoyen reviendra en Grèce pour quelques heures en 1981 pour assister aux funérailles de sa mère. Il y fera une apparition surprise en tant que vacancier en août 1993, mettant le monde politique grec en ébullition.


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