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Le billet de la semaine du 18 janvier 2016

La lutte contre la fraude bientôt plus performante

Le gouvernement grec est signalé en chute dans tous les sondages d'opinion, les protestations contre la réforme des retraites prennent de plus en plus d’ampleur, le Premier ministre Alexis Tsipras cherche à dissiper tout sentiment négatif en renforçant les liens avec les autorités allemandes pour lutter contre l'évasion fiscale qui sévit en Grèce.

L'accord prévoit que 50 fonctionnaires des impôts grecs se rendront en Allemagne afin d’y recevoir une formation accélérée.

"Nous aurons bientôt de nouvelles armes pour lutter contre l'évasion fiscale", a déclaré ministre de la Justice suppléant Nikos Papangelopoulos, qui a assisté à une conférence de presse conjointe avec le fonctionnaire allemand et le ministre des Finances suppléant Tryfon Alexiadis, un ancien fonctionnaire des impôts qui est en charge de la collecte de l'impôt.

"Nous acceptons l'aide offerte; nous avons rien à cacher ", dit Alexiadis. On estime le total des dépôts grecs en Suisse à quelque 4 milliards d'euros, les Autorités grecques ont commencé à envoyer des avis aux personnes sur la liste afin qu'ils puissent expliquer d'où venait l'argent et justifier si les taxes ont été payées.

Existe également la liste Lagarde, que les gouvernements précédents ont négligée en n’enquêtant pas correctement. Les recettes fiscales potentielles que la Grèce pourrait obtenir en traquant les fraudeurs sont importantes.

Une procédure transparente, une première en Grèce !

Vendredi a vu le premier étranger a être nommé et devenir le Directeur d’un musée grec. Il s’agit du français Olivier Descotes, nommé directeur du Musée Benaki à Athènes et succédant à Angelos Delivorias. "La procédure a été prise en charge bénévolement par la firme de recherche de cadres Egon Zehnder et son but était de sélectionner avec la plus grande objectivité et impartialité, la personne la plus capable de prendre en charge l'avenir du musée et d’assurer son développement et sa durabilité.

L’ancienne classe politique protégeait et nommait les siens, sans évaluation, ni méritocratie. Payer sa cotisation au parti, avoir un appui d’un élu au Parlement, étaient des conditions suffisantes pour espérer être embauché dans l’Administration. Le clientélisme depuis des années sévit dans le secteur public grec, serait-ce le début du changement ?

Dans les rues les travailleurs grecs défilent

Dans les rues les travailleurs grecs défilent pour protester contre cette réforme des retraites prévue par le gouvernement de gauche et que les créanciers internationaux du pays exigent dans le cadre du troisième plan de sauvetage. Le 4 Février, les syndicats vont organiser une grève générale de 24 heures contre ce projet de réforme, le troisième débrayage en trois mois. Cette semaine, les avocats ont organisé un de leurs plus grands rassemblements de ces dernières années et les agriculteurs se préparent également à lutter contre les coupes dans les retraites et les augmentations de cotisations à la sécurité sociale. La bonne nouvelle, si on peut dire, est que l’on annonce une première hausse des prix, après 33 mois de déflation, annonce faite par l'institut de la statistique Elstat ce mercredi

Le billet de la semaine du 25 janvier 2016

Les créanciers de la Grèce sont de retour

Les créanciers de la Grèce ont débarqué à Athènes, en ce mois de janvier, à l’heure où la dette grecque. atteint 200 % du produit intérieur brut (PIB). Le FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) est le premier créditeur de la Grèce, mais tous les pays de la zone euro ont apporté des garanties proportionnellement au poids de leur économie. L’Allemagne et la France sont les deux plus importants.

Au menu le projet de refonte des retraites mis sur la table par Athènes, la réforme la plus controversée, mais attendue des créanciers, qui considèrent non sans raison, que le système actuel n’est pas vivable, ils veulent qu’Athènes réduise le coût des retraites de 1,8 milliard d’euros par an.

Athènes en contrepartie, voudrait instaurer une retraite nationale minimale de 384 euros pour ceux ayant cotisé au moins pendant quinze années. Tsipras affirme qu’il ne touchera pas une nouvelle fois aux petites retraites, celles des plus démunis. La pension moyenne en Grèce était de 1.500 euros en 2010, elle n’est plus aujourd’hui que de 850 euros.

Le 20 septembre 2015, Syriza arrivait en tête des élections législatives avec 35,53% des voix, obtenant une majorité relative, Tsipras forma un gouvernement de coalition avec Anel, bien décidé de mettre fin à l'austérité imposée par les créanciers du pays.

Le contrôle des capitaux instauré en juillet 2015 est toujours en vigueur.

En ce début de 2016, l’économie grecque vit en quasi autarcie depuis que le contrôle des capitaux instauré en juillet 2015 est toujours en vigueur. Pour rappel, 55 milliards ont quitté la Grèce durant les 6 premiers mois de 2015, obligeant les banques à une nouvelle recapitalisation. Malgré ses promesses électorales, Tsipras s’est vu contraint et quasi forcé d’adopter de nouvelles mesures de rigueur prévoyant notamment, des hausses d'impôts, de nouvelles coupes dans les retraites et permettre les saisies immobilières des ménages surendettés. Ces deux derniers points sont l’objet d’âpres négociations. Il faut savoir, qu’actuellement que la première résidence est actuellement protégée et les créanciers estiment que cette protection systématique est trop généreuse.

Au début, ce fut le chaos

La Grèce est confrontée également à l'afflux hors norme des réfugiés et migrants fuyant la guerre, d’autres la misère. Les arrivées par la mer en Grèce en 2015 ont atteint le nombre record de 853.650 personnes ! Au début, ce fut le chaos, mais aujourd’hui, la Grèce qui reconnait avoir été dépassé par le phénomène et tardé à réagir, assure que tous les arrivants sont désormais enregistrés. La grande majorité poursuivent leur cheminement, espérant atteindre l’Allemagne ou l’Angleterre. Les autorités macédoniennes ont durci les conditions de passage, en plus des procédures d’identification et d’enregistrement, les migrants doivent maintenant passer au poste de police et indiquer leur pays de destination. Si la destination n’est pas l’Allemagne ou l’Autriche, ils ne sont pas autorisés à passer, de même, ils doivent être Syriens, Afghans ou Irakiens. D’autres pays membres de l’Union européenne et de l’espace Schengen, en l’absence d’une politique commune, sont de plus en plus nombreux à filtrer ces migrants. La Grèce quant à elle demande une aide accrue de Frontex. La crise des migrants, mal gérée, est la plus grande menace pour la Grèce, l'Europe, ses institutions et ses citoyens. Les arrivées se poursuivent en hiver, les noyades de ces derniers jours font l'actualité, la Grèce n'a pas les moyens de résoudre ce drame, ..... Mais où sont les instances européennes ?

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