bannecrete.jpg

La maison du grand-père Karalambakis

Quatre générations de la famille Karalambakis on habité cette maison Une des plus grandes familles du village vivant depuis plus de quatre générations dans mon village, Stylos est certainement la famille Karalambakis Mon ami, Charalambos, que tout le monde appelle Babi en fait partie.

Des souvenirs à la pelle

Ce dernier, vit aujourd’hui dans la maison où est né et où a grandi son grand-père paternel. C’est dans cette même maison, située derrière l’église, que Babi, ainsi que ses dix frères et sœurs ont grandis. C’est également dans cette maison, que les grands-parents de Babi géraient un modeste caféino (café). Tables et chaises branlantes garnissaient la petite terrasse. On y servait le café grec, le vin et le raki. Les villageois s’y réunissaient pour raconter ou apprendre les nouvelles du jour qui se limitaient souvent aux faits divers du village.

Les grands-parents, possédaient un petit lopin de terre, une dizaine d’oliviers procuraient à la famille l’huile si précieuse. Quelques poules et lapins, une demi-douzaine de moutons et de chèvres et un petit potager, permettaient à la famille de vivre presque en complète autarcie. Les années vont passer, les enfants grandir.

Au temps de Papa Yiorgos

Papa de Babi joue la lyra En 1950, Yiorgos, le futur Papa de Babi fête ses vingt ans, il vient de terminer son service militaire, il se marie avec Thaleia, originaire du village montagneux de Madaro. Une affreuse guerre civile qui a ravagé le pays et déchiré des dizaines de familles vient de s’achever. Le cataclysme mondial l’a précédé. Le pays est exsangue, les familles miséreuses. Durant ces années, tout était difficile, on ne vivait pas, on survivait, le strict nécessaire était souvent un luxe. De cette union naîtra le premier enfant, une fille prénommée Krisoulla. En 1963, la naissance d’Alexandra sera la dernière. Désormais, la famille compte dix enfants et l’unique ressource pour grandir tout ce petit monde, c’est le caféino familiale.

Les temps sont difficiles, Babi se souvient d’avoir chaussé sa première paire de souliers à l’âge de sept ans, l’âge de fréquenter l’école. Nous sommes pourtant en 1968 ! Pas loin, en Europe Occidentale, ce sont les « Golden Sixties ». La situation familiale s’est pourtant améliorée, elle fait désormais partie de la classe moyenne !

Le père de Babi, depuis 1955 sert ses clients à l’ombre d’un des grands platanes situé au centre du village. En 1983, Babi y travaille avec son père. Ce dernier « Papa Yiorgos », décède en 1990, à l’âge de 64 ans. Depuis lors, Babi exploite seul la taverne familiale, il possède des idées, il est entreprenant. En 1991, les permis d’exploitation sont obtenus et le caféino se transforme en taverne.

Dorénavant, on y sert des viandes grillées, les plats régionaux comme le dakos, les escargots, les herbes sauvages, pourpier et autres. L’année suivante, la carte va s’étoffer, des aménagements seront effectués, le commerce va encore s’agrandir. Le coût de la location va exploser. L’endroit se loue aujourd’hui 670 euros par mois. A la signature du contrat en 1955, le loyer mensuel était de 500 drachmes, soit : 1,50 euros !

Une taverne renommée

Certes, l’endroit s’est embelli, la place a été aménagée, des fontaines l’agrémentent. Une grande terrasse ombragée longe la rivière qui coupe le village en deux. La cuisine est aménagée selon les normes en vigueur et les plats mijotés sont excellents.

Les grillades sur feu de bois ont fait la renommée de l’endroit et aujourd’hui, chaque dimanche, les dizaines de tables sont envahies par des familles entières venues parfois de loin. Un mariage crétois attire énormément de convives. Le premier banquet chez Babi aura lieu en 1995, il attira plus de 1.000 personnes ! Le record absolu, aujourd’hui atteint, est de 2.200 convives !
Lorsque l’endroit était exploité par Papa Yiorgos à la moustache noble, le commerce s’appelait : « O moustakias » ( Le moustachu). Aujourd’hui, l’endroit se nomme : Tou moustakia (Du moustachu). Baby l’a renommé ainsi en souvenir de son père, dont la photo exposée au mur nous rappelle combien il était distingué et combien il maniait avec maestria l’archet de la lyre crétoise.

Comme la première image le montre, il portait le costume traditionnel. La vraka, pantalon, très large aux cuisses et resserré à partir des genoux, de hautes bottes, une simple chemise, souvent noire et parfois son foulard en filet noir, garni de franges, dans les cheveux. Aujourd’hui encore dans les hauts villages de Sfakia, les vieux arborent cette tenue avec fierté.


Retour à "Le quotidien grec"


Retour à la page d'Accueil