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L’Europe est vieillissante, sa population compte de plus en plus de retraités et on constate une baisse généralisée de la natalité. Des voix s’élèvent pour dire que l’immigration est une source indéniable de forces vives, que la régularisation du clandestin, que l’octroi de la nationalité du pays de résidence, sous certaines conditions, devraient devenir systématiques.

Un million de clandestins dans le pays!

Les gardes-frontières surveillent la frontière greco-turque, le long de l'Ebre L’immigration incontrôlée concerne principalement la Grèce, devenue le principal point d’entrée sur le territoire de l’Union européenne. Aujourd’hui, plus d’un million de clandestins résident dans le pays, vivant d’emplois précaires, mal rémunérés, souvent non déclarés. D’autres, sont impliqués dans les filières de la prostitution, de la drogue, survivent de petits larcins.

Dans le centre d’Athènes, des bâtiments sont squattés, des quartiers sont ghettoïsés, y règne un profond sentiment d’insécurité, que les faits divers malheureusement justifient. Des zones de non-droit où ne s’aventure que trop rarement la police, étaient contrôlées par les militants de l’Aube Dorée, parti d’extrême-droite, qui selon leurs dires protège le Grec, ratisse et nettoie, débarrasse la rue de la racaille.

Les attaques violentes contre l’immigré étaient nombreuses, particulièrement contre ceux de l’Asie du Sud et d’Afrique du Nord.

Athènes compte également des immigrés nés en Grèce, qui aspirent à devenir des citoyens à part entière. Des milliers d'immigrés respectueux, qui ont fondé une famille, maîtrisent parfaitement le grec. 537.237, c'est le nombre exact de ces ressortissants de pays tiers qui résident légalement en Grèce, selon un document fourni par le sous-ministre de l'Intérieur.

La question fondamentale est posée

Qui peut devenir Grec? Qui serait sur ce long chemin qui mène à la citoyenneté ?

En 2010, Yiannis Ragousis, ancien ministre socialiste, avait voulu simplifier les règles qui permettent l’obtention de la nationalité grecque. Tout comme aux Etats-Unis, une naissance dans le pays en conférait le droit, à condition que les parents puissent prouver, habiter dans le pays depuis au moins cinq années. Y avait droit, tout jeune pouvant justifier de six années d’études menées à bien dans le pays.

La plus haute juridiction du pays vient d’annuler cette réforme, jugée inconstitutionnelle, elle devrait être remplacée par une Loi obligeant l’immigré demandeur de prouver qu’il existe un lien authentique avec la Grèce.

La citoyenneté grecque n'est ni un droit, ni un don

L'éffigie d'Alexandre le Grand, symbôle de la fierté nationale Le Premier ministre actuel, Adonis Samaras, en rendant plus difficile l’acquisition de la nationalité grecque satisfait des émotions anciennes, plusieurs fois centenaires. Le peuple grec dans sa grande majorité, désire protéger son identité nationale, pour Lui, devenir un citoyen grec doit être considéré comme un honneur, non comme un don et ne peut nullement être considéré comme un droit! Samaras veut un procédé transparent, efficace et respectueux.

Ragousis de son côté se justifie en disant que le processus de demande de la citoyenneté était gangrené par la corruption. Sans pots de vin ou relations politiques, fallait souvent attendre au moins 10 ans pour que le dossier progresse.

La nationalité grecque, la culture grecque sont liées à des siècles d’Histoire. L’histoire grecque est faite de luttes incessantes. Les manuels scolaires parlent de l’ Etranger, de cet envahisseur qu’il fallait vaincre. La langue grecque a survécu à des siècles d’occupation. La chute de Constantinople, la perte de l’Asie Mineure sont pour chaque grec une blessure profonde. Les conquêtes d’Alexandre le Grand font partie de la fierté nationale.

Préserver son identité, durant l’occupation ottomane, fut souvent une question de vie ou de mort, quatre longs siècles durant, la vie dépendait de cet ennemi Ottoman. Ce long retour dans le passé explique à lui seul pourquoi la Grèce est le pays européen où les régularisations octroyées sont les plus faibles de la communauté européenne menacée par un autre danger : la montée des intolérences et du fanatisme religieux.

L'immigration clandestine en Grèce

Des émigrants devant le grillage d'un centre de rétention en Grèce On estime que 370.000 Grecs, (15% de la population de l'époque) ont quitté le pays entre 1889 et 1919.
La période troublée de la seconde guerre mondiale et puis la guerre civile qui suivit, virent une deuxième vague d'émigrants partir vers les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et plus tard, vers les pays industrialisés de l'Europe.
Suivront les années du retour au pays après la chute de la dictature et à partir des années 90, la Grèce, pays de migrants, se muera en pays d'accueil.

Aujourd'hui européenne, la Grèce se trouve en première ligne face à une Turquie qui ne fait pas grand-chose pour retenir ceux qui tentent d’atteindre, ce qu'ils pensent être l'Eldorado: l'Occident et son mieux-vivre.

Des centaines d'immigrants chaque jour

Selon les données de l'agence Frontex (l'Agence européenne pour la sécurité des frontières) la porte d'entrée principale reste la terre de l'Evros à la frontière turque, en 2010, plus de 300 personnes ont franchi la frontière chaque jour, 200 réfugiés par jour ont traversé l’Evros l'été dernier. La plupart sont des Afghans et des Pakistanais, beaucoup viennent aussi du Bangladesh, de l'Algérie et du Maroc.
L'immigration clandestine est une source de revenus pour les filières qui sans scrupule profitent de l'existence de cette misère humaine. Un problème majeur Ce flux continu d'immigrants clandestins arrivant en Grèce est un problème majeur, qui croît d’année en année, car la politique d’immigration est inefficace. Les réseaux mafieux profitent de cette situation devenue presque ingérable et les circuits illicites, ont pris possession du centre-ville d’Athènes.

Le centre-ville, où il ne fait pas bon vivre

Le quartier de Metaxourgio est devenu misérable, des immigrés y squattent par dizaines dans des bâtiments délabrés, les toxicomanes s’affalent sur les trottoirs, les murs d'immeubles sont couverts de graffitis. La rue Kolonou et celles adjacentes, sont devenues leur repaire. Les prostituées, souvent des femmes, victimes de la traite, la drogue et la petite délinquance sont le quotidien de ces quartiers, où il vaut mieux ne pas trainer le soir. Dans ces quartiers, tout se monnaie en pleine rue, parmi les marchands ambulants illégaux. A la station de métro Omonia, des bandes organisées y sévissent, vols à la tire et arrachages de sacs y sont fréquents.

Les nouveaux Misérables

Le niveau socio-économique de la plupart de ces immigrants se situe bien en dessous du seuil de pauvreté, ils agissent souvent par nécessité, pour simplement survivre! Ainsi, des milliers d'immigrants illégaux, dans le pays, rôdent sans travail, sans argent, sans abri, sans aide sociale sans même parfois, connaître la langue et le centre d’Athènes se transforme lentement en poudrière. Ses rues accueillent de plus en plus de personnes démunies. Selon les estimations d'une ONG, le nombre de sans-abri y a augmenté de 25% depuis 2009.

Comment comprendre ce délabrement?

Dans les centres d’accueil, ces immigrants, hommes, femmes et enfants, croupissent dans des conditions d’hygiène épouvantables, des mois durant, attendant que l’on statue sur leur sort. Les sommes allouées, pas très importantes, ne sont parfois pas utilisées!
Un financement de presque 90 millions d'euros de l'UE est disponible par la Grèce en 2012. Il devrait servir à financer les rapatriements volontaires, ceux qui le sont moins et à améliorer les conditions actuelles de détention. Sont encore disponibles 25 millions, non employés en 2011 et 37,3 millions pour 2012. D'ici à 2013.

Un départ qui n'est souvent qu'un aller-retour

La plupart des immigrants clandestins considèrent la Grèce comme un pays de transit, Ils vivent en Grèce à titre temporaire, en espérant y nouer des contacts avec des trafiquants pour acquérir de faux passeports et autres documents européens. Ces départs vers l'Europe, se terminent souvent par une arrestation et par le renvoi vers la Grèce au titre du règlement communautaire sur le droit d'asile de Dublin II ! Ils auront déboursé de 2.000 à 10.000 euros pour tenter de rejoindre l’Europe Occidentale, où la vie serait meilleure et se retrouvent à Athènes !

La situation en Crète

L’immigration contrôlée est surtout albanaise, elle est employée dans l’agriculture. Nombreux sont ceux qui travaillaient dans le secteur de la construction, aujourd’hui quasi à l’arrêt, la crise qui sévit les encourageant à un retour au pays. L’immigration clandestine existe, bien sûr, mais rien de comparable avec la grande métropole qu’est Athènes!

Elles sont quasi indispensables dans les hôpitaux

Dans les hôpitaux, comme ici, par manque de lits, les malades sont dans les couloirs La main-d’œuvre féminine, souvent originaire des pays de l’Est, est souvent un apport indispensable, car on constate, par exemple, en milieu hospitalier un manqué évident d’infirmières. L’hôpital publique "Saint Georges" de Chania, par exemple, fonctionne tant bien que mal avec un manque de personnel. On y compte de une à deux infirmières pour soigner 30 à 40 patients. C'est peu, surtout en chirurgie et très peu lorsque les salles sont surchargées.

Aujourd'hui, indésirables

C’est ainsi que pour la nuit, beaucoup de personnes hospitalisées font appel à ces infirmières privées ou plutôt à ces garde-malades.que l'on compte par dizaines au sein des établissements qui les tolèrent, car elles apportent confort, apaisement et sécurité à ceux qui font appel à leur service. Ces infirmières, que l'on devrait plutôt qualifier d'accompagnantes sont rarement homologuées, prestent sans posséder de carnet de santé et sans assurance, parfois ne possèdent pas de titre de séjour. Autrement dit, ces Bulgares, Roumaines, Albanaises et autres, travaillent en noir, ne paient ni lois sociales, ni taxes. La crise est survenue, aujourd’hui elles sont devenues indésirables.

Les temps changent et les syndicats menacent

Le personnel régulier s'insurge, proteste pour défendre la sécurité de l'emploi. Tous ont fait des études, tous sont titulaires d'un permis, d’un carnet de santé, tous ont dû collecter des tas de paperasseries et tous sont bien sûr fiscalement imposables. Aucune de ces conditions ne remplissent les "illégales". Si rien ne change, les syndicats menacent de déposer une plainte auprès du Procureur de la Canée.

C’est chose faite à Héraklion!

La police informée par une plainte a effectué une descente inopinée et a réussi à prendre en flagrant délit 10 personnes travaillant illégalement. Toutes ont été arrêtées et conduites devant le Procureur. Hier tolérées, aujourd’hui rejetées Ces travailleuses illégales durant des années, comblaient les lacunes existantes et rendaient un service indéniable.

Ces garde-malades demeuraient à votre chevet toute la nuit pour la somme de 50 à 75 euros. Service apprécié et souvent utile pour les deux nuits qui suivent, par exemple, une intervention chirurgicale. Sécurité et confort apportaient ces garde-malades, qui gratifiaient de 10 euros, la personne qui tolérait leur présence.

La chose me fut contée à l’hôpital de Chania ! Les filières, les profiteurs du système existent partout, le cacher serait hypocrisie ! Au fait, vous ne connaitriez pas un plombier ?

A l’Est on accepte les boulots ingrats !

Les agences d'emploi privées ne recrutaient ou ne purent trouver comme candidates que ces étrangères, ces filles de l’Est. Durant des années tolérées, car utiles, parfois même indispensables, elles sont aujourd’hui, ouvertement accusées du pire. Elles seraient devenues subitement responsables de nombreuses infections nosocomiales, ne respecteraient guère les règles basiques de l’hygiène, s’approprieraient la nourriture offerte aux patients et pire encore!

Les syndicalistes pointent l’index vers les autorités, les responsables hospitaliers et certains membres du personnel, les accusant d’avoir accepté en connaissance de cause, que cette situation honteuse se développe au sein du milieu hospitalier.
Qui les remplacera?
Il est curieux de constater que dans un pays qui compte près de 25% de chômeurs, que l’on peine à trouver des candidats!



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