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"Filoxenia" n’est pas un vain mot

Kristoula, la gentille

Le sourire de Kristoulla Kristoula, l'épicière gentille du village, a certainement contribué sans le savoir à façonner le bonheur que j’éprouve d’habiter en Crète. Sa gentillesse innée, sa spontanéité et sa générosité en sont les causes premières. Sa sympathie, ses attentions, ses offrandes, dénuées de toute arrière-pensée, dévolues à ma compagne Maria et à moi-même sont à ce jour innombrables.

Chez elle pour un peu de gravière acheté, nous sommes revenus, de nombreuses fois, avec une bouteille de vin. Une autre fois, sans aucune raison, par pure générosité, nous recevons une bouteille de raki ou quelques tomates en prime.

Son vécu n’a pas dû être facile mais jamais une plainte, toujours le regard et le sourire tournés vers autrui. Aujourd’hui encore, elle exige peu de la vie. Sa demeure est modeste, son quotidien elle le passe derrière son comptoir. Elle a le bonheur d’accueillir aujourd’hui ses petits-enfants et de savoir qu’elle est arrivée avec l’aide de son mari à faire une place au soleil à ses deux enfants. Son mari, Mikailis Anitsakis dès les premiers mois qui virent la fin de l’affreuse guerre civile grecque, aidait son père dans les champs. Deux fois par semaine, se déplaçant à dos de mulet, il vendait de porte à porte, les légumes provenant de la petite production familiale. A l époque, il avait vingt ans.

Après le décès de son père et de sa mère en 1963, il hérite des terres, des oliveraies, des vignes, il est marié depuis peu avec Kristoula Petataki qui a grandi dans le village voisin de Païdokori. Ses parents lui offrent une vieille bâtisse qui sera agencée en rez-de-chaussée commerciale. Le lieu deviendra la première épicerie de Stylos. Les temps sont difficiles et le choix proposé à la clientèle se résume à quelques fruits et légumes de saison, du pain, des féculents, le vin et le tsikoudia provenant des vignes familiales.
Fin des années 60, Mikailis a amélioré son savoir-faire et sa disponibilité, il produit plus de trois tonnes d’huile d’olives par an, il les vend depuis ces temps anciens dans le magasin de son épouse, grand de ses 12m2. Sa production d’huile, n’est pas dirigée vers la coopérative, elle n’est pas raffinée, elle a conservé toutes ces propriétés naturelles : son arôme, sa belle couleur verte et surtout son goût.

Kristoula grâce à sa gentillesse, à son sourire et à ses yeux rieurs est visitée par de nombreux touristes qui lui achètent son raki et son huile, mais depuis que les règles de sécurité aériennes sont devenues plus strictes et que le transport des liquides est limité, sauf dans la soute, bien peu de visiteurs retournent chez eux, emportant cette précieuse huile qui a fait la renommée de la Crète. Les autochtones et les résidents en sont aujourd'hui les principaux bénéficiaires.


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