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Le saviez-vous ?

La Grèce compte 1.425 îles, dont à peine 154 sont habitées.
La ville de Chania fut décrétée capitale de la Crète en 1856, elle conserva ce privilège jusqu’en 1912, passa ensuite le flambeau à Héraklion.

Comment se débrouille t-il, notre facteur ?

notre facteur Savez-vous que les rues, les chemins, les ruelles des villages crétois ne possèdent pas de nom ? Savez vous que les maisons ne sont pas numérotées et que rare sont celles qui possèdent une boîte aux lettres ?

Une longue tournée

Manoli, notre facteur, effectue sa longue tournée à motocyclette car il y en a du chemin à parcourir !
Sa tournée débute à Kalyves, situé au bord de mer, y vivent un millier de personnes. Puis, il se rend à Armeni, village très étendu qui compte 600 habitants. Il poursuit ensuite, vers le village de Nio Chorio, bâti tout en longueur et en hauteur, dont la grande école primaire accueille les enfants des villages voisins. Les habitants de Ramni, de Samonas ne seront pas oubliés.
Stylos, arrosé par la rivière Kolliaris, connu pour ses sources et visité pour ses gorges de Diktamos, l’attend. Trois kilomètres, descente à la pente raide. plus loin. Le village de Stylos s’étire depuis la route principale qui le traverse vers son point culminant, 200 mètres plus haut. Une quarantaine d’enfants l’habitent, on y compte une centaine de familles. Sa tournée se terminera à Provarma, juchée sur une butte à la pente raide qui fait souffrir le moteur toussotant de sa petite motocyclette.

Les rues sans nom

Au cafeino du village d'ArmeniComment Manoli parvient-il à acheminer le courrier de cette longue tournée, comment fait-il pour qu’il parvienne à bon port ? Sur l’enveloppe, n’y figurent que le nom du destinataire, le nom de son village, le code postal et le timbre, bien entendu !
Plus de 600 familles sont concernées ! Manoli les connaît toutes et pourtant, il lui est impossible de faire du porte à porte, d’aller de maison en maison, une journée entière n’y suffirait pas !

Sa journée de travail débute à 7 heures du matin. Les premières heures sont consacrées au triage du courrier, vers 10 heures, Manoli quitte la chaise de son bureau. Besaces remplies, accrochées aux flancs de sa petite moto, il part en tournée.
L’organisation et l’entre-aide crétoises vont faciliter ou du moins accélérer sa lourde tâche.

A Kalives, l’office de la poste, comme partout, gère les envois « poste restante ». Le reliquat du courrier de Kalyves, Manoli le dépose au caféino de Niko qui se trouve sur la place et remplit quelques boîtes aux lettres situées sur la grande rue.
A Armeni et à Nio Chorio, les familles situées sur la grand route et possédant une boîte aux lettres, y trouveront leur courrier également. Au cafeino situé sur la place de ces deux village, Manoli se libère du reste, sans omettre de boire le café bouilli, lui offert.
Christoulla, l’épicière du village de Stylos, va également écourter sa tournée en acceptant les enveloppes adressées à ses clients. Manatakis, le tenancier du caféino situé au centre du village, sous l’ombre des platanes, fera de même. C’est chez lui que les villageois se réunissent pour apprendre les ragots du jour en sirotant un café grec et en jouant du komboloi, sorte de chapelet, qui n’a aucune signification religieuse.

Les boîtes aux lettres dont personne ne veut Il est midi, les besaces de Manoli sont presque vides, il peut se relaxer chez Babi. Notre sympathique facteur, y offrira une tournée à la ronde ou se verra offrir son verre. Il peut maintenant se permettre une petite parlotte, même davantage, car il ne lui reste plus qu’à se rendre chez ceux qui ont un envoi recommandé à recevoir.
Deux jours par mois, la tournée de Manoli s’allonge en distance et en temps. Le régime crétois qui fait des centenaires, ne facilite pas son travail ! Une fois par mois, les petits vieux l’attendent, les petites vieilles tout de noir vêtues, le guettent.
Ils sont nombreux et solides, mais également généreux car Manoli leur apporte en monnaie trébuchante leur petite pension de retraite et quelques mots pour rire.

Un facteur disponible et serviable

En Crète, le facteur ne travaille pas, il se promène. Il n’apporte pas le courrier, il visite. En outre, il est disponible et toujours prêt à rendre service. Le stress n’a pas sa place en Crète, où montre et horloge n’existent pas. Les Crétois ont adopté des règles, un style de vie, loin du temps et du modernisme, ils ne veulent rien changer, puisqu’ils sont heureux.

Un exemple ? La Poste hellénique désireuse de faciliter la distribution du courrier et de protéger la correspondance de chacun a installé dans tous les villages des boîtes aux lettres groupées et numérotées. Chaque famille a le droit de détenir une de ces boîtes, elles sont protégées car fermant à clé. Manoli, notre sympathique facteur, possède une clef spéciale qui ouvre en un seul clic deux colonnes entières de boîtes pour y déposer le courrier.

Personne n’en veut de ces boîtes !

Chacun veut conserver ses bonnes et anciennes habitudes, chacun refuse pour ne pas devenir un simple numéro. Visiter Niko, Christoulla, Manatakis ou le cafeino chaque matin, n’a rien de contraignant, bien au contraire, les contacts humains sont nécessaires. Ils sont même importants ! A la caisse de vos supermarchés, on ne vous dit plus merci, c’est imprimé sur le ticket que vous recevez à la caisse !


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