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Les potiers du village de Thrapsano

Une jarre ou amphore crétoise, fabriquée par étages succéssifs Le village de Thrapsano se trouve au sud d'Heraklion, proche de Kastelli. L'argile extraite des sols crétois permet la réalisation de grandes poteries, elle était déjà employée lors de l’époque minoenne, mais c'est à partir du VIIème siècle que le potier fabrique des pithoi aux dimensions impressionnantes.

La céramique crétoise était reconnue, exportée en Égypte, en Syrie et ailleurs.

La Crète possède une argile particulière, presque bleue, sa consistance, ses qualités, permettent la confection de grandes jarres qui nécessitent une technique spéciale et dont le savoir-faire se transmet de génération en génération. Cette argile bleue, très grasse et collante, nommée lepida, manque de résistance aux chocs, aussi est-elle mélangée avec du kokkinokhoma locale, qui veut dire: terre rouge ou avec une terre sableuse locale nommée koumoulé.

Hier, objet usuel, aujourd'hui objet décoratif

Les amphores sont aujourd'hui des objets de désoration La proportion du mélange varie selon plusieurs critères et c’est dans cette première opération importante que réside l’expérience du potier. Lors du passage au four, l'argile rougit et devient après la cuisson parfaitement étanche. Ce dernier point est important car si aujourd'hui, ces grands amphores, nommés pitharias sont devenus des objets décoratifs, les Anciens y stockaient l'huile, le vin, des graines et autres réserves de céréales. Dans les îles des Cyclades et du Dodécanèse, où l'eau fut de tout temps une denrée rare et précieuse, on y récoltait les eaux de pluie.

Une technique spéciale

Ces jarres ou amphores peuvent atteindre des dimensions et une hauteur impressionnantes. En ce cas, la technique diffère. Le pithos ou amphore s'élabore morceau après morceau, par étages successives. Dès que la première partie est achevée, on entame la seconde et ainsi de suite. Puis lorsque les pièces sont sèches, elles sont assemblées et collées grâce à une argile délayée que les professionnels appellent barbotine. Une autre particularité de cet art, c'est le travail des potiers en équipe. Aux temps archaïques, le potier ne connaissait pas la roue dont il commande aujourd'hui la rotation avec le pied. Le travail était moins aisé, Il travaillait avec des pierres plates, utilisées sur une table tournante.

Margarites, autre village de potiers

Un autre village proche de Rethymnon est connu pour ces céramiques, il s'agit de Margarites. Jusqu'à la première moitié du vingtième siècle. L'activité y était prospère, une petite cinquantaine de potiers y travaillaient. Aujourd'hui ne subsistent qu'ateliers et fours abandonnés et quelques irréductibles qui perpétuent la tradition.
Dans le haut du village, trois, quatre magasins proposent aux touristes des céramiques diverses, objets "souvenirs", qui n'ont rien à voir avec les amphores du temps passé. Quelques tavernes sympas invitent les petits creux à leurs tables. Flânant dans les ruelles du village, un regard attentif remarquera la décoration vénitienne de certaines portes et entrées de maisons anciennes.

D'autres curiosités

L'arrière pays de la Crète dans les environs de Meskla Margarites, village somnolant, blotti à flanc de montagne, est envahi en matinée par les cars des excursionnistes. Puis ils poursuivent leur périple vers d'autres curiosités qui se trouvent à proximité, le monastère d'Arkadi, le site Eteftherna, la grotte de Melidoni, Anogia, le village de tisserands, ne sont que des exemples.
La Crète ne se limite pas à ses plages, à son ciel bleu et à son célèbre régime, aujourd'hui, souvent ignoré. L'arrière-pays est rempli de curiosités, ses sentiers et petites routes qui serpentent nombreuses à travers champs et montagnes sont les garants de découvertes et l'aventure est souvent au bout du chemin.


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