bannecrete.jpg

De la Crète vers l'Ancienne Olympe

Ou de l'Ancienne Olympe vers la Crète !

Arrivée à Githeio au soleil couchant Au départ de Kissamos, en Crète, il est possible de rejoindre le Péloponnèse, s’offrant une mini-croisière pour une vingtaine d’euros par personne. Si votre voiture vous accompagne, il vous en coûtera 65 euros de plus.

La traversée de neuf heures est bien agréable, car effectuée durant la journée et s'achevant presque au soleil couchant. Existe la possibilité d’accoster à Kalamata chaque samedi ou à Gytheio chaque jeudi.

Une traversée agréable

Durant la traversée, au salon, un comptoir offre boissons divers et collations. Un restaurant fonctionne midi et soir, mais propose des plats de qualité médiocre. Le ferry n’est plus de première jeunesse. Le confort est moindre que sur les imposants bâtiments qui voguent vers Le Pirée et d’autres ports plus populaires. Néanmoins, le charme de la traversée est indéniable.

Pouvoir flâner sur le pont du navire, caressé par la brise marine, se dorer au soleil et profiter du paysage, offre bien des compensations.
Plus proche est le port de Katokalo, aux grandes plages de sable qui s’étendent à perte de vue dans le golfe de Kyparissia. L’économie locale bénéficie depuis peu, de l’arrivée de nombreux bateaux de croisière. Près de 750.000 touristes ont fait escale à Katokalo cet été !

L’ancienne Olympe est toute proche.

A peine trente kilomètres. Soit à une heure en voiture ou 45 minutes en train, aux wagons climatisés, propres et modernes pour le prix modique d’un euro !

L'Ancienne Olympe

Le héros local, Pélops, en est considéré comme le fondateur mythique. Ce dernier, fut le Roi d’une grande région, auquel il donna son nom : Péloponnèse. Considérée donc par erreur à cette époque comme une île. (L’île de Pélops).
Une autre version, issue des nouvelles peuplades Doriennes qui occupent la région (Xème, fin VIIème av/JC) attribue la fondation de Jeux à Héraclès. Celui même, qui vint en Crète pour capturer un taureau géant qui terrifiait la population. Une certitude toutefois, les premiers Jeux eurent lieu en 776av/JC.

Visitant le site aujourd'hui, il est difficile de s'imaginer l'Ancienne Olympe, ses édifices et temples, aujourd'hui ruines, offerts par les Cités-Etats aux dieux, dont Zeus, considéré comme le Maître du monde, le gardien de l’Ordre et des Lois, fut le plus vénéré. Se promener en ce lieu, fouler cette terre, riche de son passé glorieux, vous submerge de sentiments indéfinissables.

Ce lieu sacré, berceau des Jeux.

Un musée très bien documenté, retrace l'Histoire des Jeux. Voici ce que j'y ai découvert. Le parcours très bien documenté, en trois langues : Grec, Allemand, Anglais, est riche en informations.

Des Jeux helléniques

L’une des premières et principales institutions des Jeux était la Trêve sacrée qui suspendait toute hostilité. Des officiers, (les spondofores) visitaient par groupe de trois les Cités-Etats pour annoncer la trêve et le début des Jeux. Les autorités suprêmes des Jeux étaient les Hellanodices. Juges, c’était eux qui décernaient les prix, les infractions de toutes sortes. Pour avoir le droit de participer, il fallait être de nationalité grecque, c’est-à-dire, partager les coutumes, la religion, la langue et les idéaux. Il fallait être né de parents citoyens libres et ne pas être chargé de malédictions divines.

L'esprit sacré des Jeux antiques

Elis, la capitale de l’ancienne Elide, était le siège de l’organisation des Jeux. Les athlètes devaient s’y présenter un mois avant leur ouverture. Cette exigence imposée d’une façon rigoureuse ne permettait aucune exception. Jeux en grec se dit : agônès. La notion de «sport», pratiqué par plaisir, n’existe pas dans l’Antiquité : les athlètes concourent pour offrir leur victoire aux dieux, pour protéger leur Cité. La dimension religieuse des Jeux antiques est très importante.

Les femmes étaient interdites et absentes dans les stades. Une exception toutefois : la rhodienne Kallipateira. Elle viola l’interdiction lors de la 96ème olympiade (396 av/JC) pour assister au combat et à la victoire de son fils Psirodos au pugilat. Kallipateira bénéficia de la grande clémence des juges, par respect pour le passé glorieux du champion olympique Diagoras, son père.
La palme était le premier symbole de victoire, ainsi que le fil de laine pourpre qui ornait la tête du vainqueur. A la fin des Jeux, les vainqueurs se réunissaient dans le vestibule (pronaos) du grand temple de Zeus. Ils étaient tous couronnés du kotinos (couronne d’olivier) qui assurait, selon la croyance, une protection divine.
Aux environs de 580av/JC, les Eléens prennent le contrôle du sanctuaire. Durant deux siècles, la région connaîtra une période de paix et de prospérité car la région sera proclamée sacrée et inviolable. Le premier temple important à être construit sur le site sera le Heraion, bâti en l’honneur de la déesse Héra. L’Olympe est à son apogée, le lieu est désormais le symbole de l’Unité du monde grec.

L’époque romaine

Durant cette longue période (1er av/JC, 3ème de notre ère), les Romains traitèrent Olympia avec grand respect. La statue d’Hermès, œuvre du sculpteur Praxitèle, fut protégé. Durant la période d’Auguste, le sanctuaire fonctionna sans entraves. En 67av/JC, à l’occasion de la visite de Néron, une villa fut bâtie en toute hâte et une nouvelle porte pour son entrée triomphale vit le jour dans l’Altis, le mur d’enceinte sacré.

Le déclin

Vers le milieu du 3ème siècle de notre ère, les Hérules, peuple germain, dit « orientaux », attaquent la région. Afin de protéger le temple de Zeus, de nombreuses constructions vont être intentionnellement détruites, les matériaux réutilisés pour la construction de la muraille défensive. En 426 de notre ère, le site sera saccagé, le temple de Zeus brûlé, les Jeux, interdits depuis 393,sont définitivement abolis par un décret de l’empereur byzantin Théodose II. Les Empereurs de Constantinople se considérèrent à cette époque toujours comme des Romains, leur royaume s’appelait Basileía Rômaíôn. Deux hérésies firent leur apparition sous le règne de Théodose II : celle de Nestorius, patriarche de Constantinople (les nestoriens ne reconnaissaient pas la maternité divine de Marie.), et celle d’Eutychès (les monophysites ne reconnaissait pas la nature humaine du Christ).
Le nestorianisme fut condamné au concile d’Ephèse en 431, ensuite à son tour, le monophysisme fut condamné en 451 au concile de Chalcédoine (sous le règne de Marcien). La scission avec les Latins et l'Eglise de Rome surviendra plus tard.
Le baron Pierre de Coubertin fera renaître les Jeux en 1896. Ils eurent lieu, comme en 2004, à Athènes.

Retour à la page "Tourisme"

Retour à la page Accueil