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L'aventure à vélo est au début du chemin.

Le premier jour

Mes quatre compagnons Avide de découvertes, j’ai décidé d’effectuer en la compagnie de quatre valeureux compagnons des randonnées à vélo dans la région montagneuse d’Omalos. Ce jeudi 5 mai au matin, nous sommes réunis pour pédaler ensembles. Aujourd’hui les hauts sommets seront évités mais le parcours très accidenté, comporte une dure ascension vers le village de Ramni. Le départ, nous le prenons à l’entrée de Vrisses que nous traversons pour tourner à droite, avant le pont qui enjambe la rivière Vrysanos. Une très jolie route nous amène à Vafe. Nous plongeons dès ce village traversé sur un chemin de campagne qui serpente parmi les pinèdes, les cyprès, et les oliviers, un bourg sans nom est atteint, une large route en asphalte grimpe vers Nippos que nous traversons sans un regard pour poursuivre vers Tzitzifes.

Mike a belle allure sur son vélo Le parcours devient de plus en plus accidenté, nous pédalons désormais dans une nature sauvage, traversons des hameaux où ne doit pas habiter grand monde et au détour d’un virage, découvrons le village de Fres. Une longue descente nous donne un peu de répit, avant d'attaquer la longue montée vers Melidoni haut perché. Nous ne sommes pas au bout de nos peines car il nous faut rejoindre Ramni. Là-bas, tout semble dormir, pas âme qui vive lorsque nous traversons ce charmant petit village. Nous empruntons, à gauche, la longue descente vers Samonas. Cette région abrupte et sauvage possède des grottes à peine explorées.
La descente nous amène vers l’église byzantine de Saint Nicolas qui possède des fresques datant de plus ou moins l’an 1250. Je sais la porte fermée à clef, nous poursuivons donc notre route. Cette dernière se cabre, se redresse, elle nous oblige à pousser sur les pédales pour rejoindre Samonas, ensuite plonger vers Provarma et rejoindre le village de Nio Chorio. Nous sommes sur l’ancienne route qui conduit vers Vrisses, nous la quitterons au bout d’une dizaine de kilomètres pour rejoindre via un chemin de campagne très pentu Nippos. Selon certains scientifiques, c'est ici que fut bâtie la très ancienne cité de Hippokoronas et c'est ici que nous terminons notre première étape. Cinquante kilomètres ont été parcourus et le dénivelé de 960 mètres, nous prouve combien le parcours fut sévère.

Le deuxième jour

Vue sur la montagne environnante Le lendemain, nous sommes en route vers notre point de départ : Alikambos, village situé à gauche de la route qui monte vers Imbros pour ensuite plonger vers Hora Sfakion. De ce port part un ferry qui accoste à Loutro, puis Agia Roumeli, ce qui permet de visiter la sortie des gorges de Samaria, il poursuit sa route vers Sougia et Paleochora. Dès les premiers coups de pédale nous sommes sur une large route qui monte régulièrement, elle est inondée de soleil, ce qui ne facilite guère notre progression. Le plateau d’Askifou est atteint, nous sommes au point le plus haut de notre chevauchée, au loin culmine sur une butte les ruines d’une forteresse turque, plus proche de nous une taverne que je connais bien.

Le château de Frangokastelo La vue de la terrasse est splendide. Andreas, le patron, s’empressera de nous servir les boissons tant attendus accompagnés de son grand sourire. De la terrasse nous profitons d'une vue superbe sur la plaine environnante. Le plus dure est fait, Imbros renommé pour ses gorges est bientôt atteint. Sur le parking des marcheurs se préparent à effectuer la traversée de 7km. Sans nous attarder, nous poursuivons notre route vers la longue et grisante descente vers Hora Sfakion.
Le village de Komitades nous accueille pour le repas du midi. La vue sur la mer de Libye est splendide. Au loin, l’île de Gavdos semble vouloir nous inviter à faire la traversée mais Frangokastello est proche et c’est au pied de son château, construit en 1371 que la randonnée du jour se termina.

Le troisième jour

Ce matin, nous démarrons de Kares, village situé sur la même route que la veille mais plus proche du sommet. Nous quittons la route avant Imbros pour rejoindre les villages de montagne d’Asfendou et de Kallikratis. La montée est rude et impressionnante.

La route monte en lacets Nos vélos semblent coller au bitume. Le premier village traversé est Asfendou, pas grand monde, aucune trace de vie. Des maisons de berger, dont les murs en pierres semblent défier le temps. Nous sommes dans un univers de rocs et de pierres, en pleine montagne. Pour les marcheurs, c’est d’ici, que via la gorge on rejoint Agios Nektarios. Trois petits kilomètres pas faciles à franchir, il faut compter deux heures et demie pour effectuer le trajet. Kallikratis est rejoint, nous sommes à 750m d’altitude. C’est le point de départ du sentier européen E4 qui traverse la gorge de même nom.

Les habitants de cette région sauvage et difficile d’accès, furent de tous les temps des ardents combattants et résistants. Durant l’occupation vénitienne, la région bénéficiait d’une semi-autonomie. Les Turcs combattirent les Sfakianos sans jamais parvenir à les assujettir. Lors de la deuxième guerre mondiale, le village de Kallikratis en paya le prix. 23 villageois en représailles, furent condamnés et fusillés par l’armée allemande.

Itinéraire de Kare à Georgioupoli à vélo Une descente impressionnante, tout en lacets, sur une voie très étroite se présente à nous. Très prudemment de virage en virage nous rejoignons les premières demeures d’Asi Gonia. Le paysage est devenu plus verdoyant. Ce village loin du flux touristique, où bien peu de gens se rendent à conservé ses traditions et ses coutumes ancestrales. Les hommes du village, à la moustache fière, sont assis devant le caféino de la place, sirotant le café grec. ( Ne dites jamais un café turc ! ). Sept petits kilomètres tout en descente, nous séparent désormais de l’ancienne Lappa. Aujourd'hui appelé Argiropouli. Le lieu fut détruit par les Romains lors de l’invasion de l’île vers 67av/J.C. et fut reconstruit par Octave, lorsqu’il fut proclamé empereur, car l'endroit est riche en eaux, en chutes et en sources, l’endroit était donc très prisé par les Romains qui y construisirent des bains. L'endroit fut ensuite pillé par les Sarrasins, occupé par les Ottomans. Ce n'est qu'en 1822 que le site portera le nom que l'on connaît aujourd'hui : Argiropouli. La route est bordée de tavernes. C’est « Au vieux moulin » que nous ferons la pause du midi, profitant du charme et de la fraîcheur de l’endroit, grâce aux nombreuses chutes d'eau qui l'entourent.

Une route tranquille qui longe la rivière nous amènera vers le bord de mer et la belle plage de Georgioupoli, terme de la sortie du jour.

Le quatrième jour

Ce mardi 11 mai, sera notre dernière sortie, les vacances se terminant pour mes sympathiques compagnons. La journée promet d’être enivrante et bien des efforts seront nécessaires pour monter vers Omalos, 25km d’ascension, des pentes proches du sommet de plus de 12%, mais la récompense promet d’être belle car nous allons traverser et découvrir de splendides paysages. Les premiers coups de pédales débutent ce matin à Alikianos, village martyr, où 42 villageois furent fusillés dans la cour de l'église par les troupes nazies, le 2 juin 1941.

Le premier village traversé s’appelle Fournes, nous progressons parmi les orangeraies qui s’étendent à perte de vue. Peu à peu la route commence à monter, les virages s’accentuent, nous sommes sur un parcours montagneux. Le village de Lakki, le dernier avant Omalos est atteint. Nous y effectuons une halte pour nous alimenter et nous désaltérer. De rampes en rampes, de lacets en lacets nous progressons lentement vers Omalos. Les olliviers se raréfient, l'herbe et les moutons aussi. Peu à peu l’environnement devient moins verdoyant, plus aride, les rampes plus sévères.

Le plateau d’Omalos rayonne de beauté. Le sommet est atteint et c’est à l’hôtel – restaurant « Exari » choisi par hasard que nous déposons nos vélos. Le choix s’avère être judicieux car les mets servis sont délicieux. Prases et ses châtaigniers seront notre prochaine destination. Au détour d’un virage, Eole, le dieu des vents est fier de nous exhiber sa force. Les hélices d’une quinzaine d’éoliennes tournent assidûment et alimentant en électricité les villages voisins. La descente plongeante nous conduit à Prases, charmant petit hameau qui domine la vallée. Nous y faisons la connaissance des parents de Georges, le tenancier du café « Françoise », situé à Almirida. L’arrivée est proche, il nous faudra encore monter une longue côte avant de profiter d’une longue descente vers Skines, traverser le vieux pont en pierres d’Alikianos, le point de départ et d’arrivée de notre sortie du jour.

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