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Chania, la belle, vous attend

Une découverte perpétuelle

Les calèches promènent les touristes Chania est belle, attirante et séduisante. Dix années que je la fréquente, et je la découvre encore. Un visiteur pressé la, survolera, désireux de voir la beauté de son vieux port vénitien et de flâner, si on lui en donne le temps, parmi le pittoresque des étroites ruelles qui le bordent. Pour ce faire, la rue Chalidon qui descend vers le port est un lieu de passage presque obligé. L’animation de cette artère, bordée de commerces, chacun la traversera à son rythme, au grès de sa curiosité.

Les vestiges de l'occupation turque

Les ruelles de l'ancienne ville Un œil attentif, sera intrigué par la forme semi-sphérique des coupoles de certains commerces. Ces boutiques ont conservé jusqu’à aujourd’hui les vestiges des anciens hammams que les turcs ont construits en convertissant ce qui était un couvent catholique abritant des nonnes de l’ordre des franciscains. Les édifices religieux de Crète, les turcs, les ont transformés dans la plupart des cas, en mosquées.

Le monastère de Saint François, sis dans la rue Halidon, subira ce traitement. Aujourd’hui, ses vieux murs abritent les trésors archéologiques découverts dans la région de la Canée. Ce musée intéressant sera souvent, par manque de temps, ignoré. Pourtant, il contient des trouvailles qui datent du minoen, des tablettes d’argile gravées, datant du linéaire A et B. Des collections d’objets variés, de l’époque hellénistique, romaine et géométrique y sont exposées.

La rue Halidon, qui descend en ligne droite vers le port, abrite aujourd’hui, au numéro 21, le musée archéologique de la ville dans les murs d’un ancien monastère bâti par les moines Franciscains dans le courant du XIVème siècle. Sous l’occupation ottomane, les Turcs transformèrent le monastère en mosquée, sous le nom de Yousouf Pasha. Aujourd’hui, le projet pour la construction d’un bâtiment digne des pièces exposées est lancé. Le nouveau musée, qui devrait ouvrir en 2015, sera situé dans le quartier Halepa, non loin de la maison où a habité Eleftherios Venezilos, aujourd’hui devenu un musée.

Autre bâtiment religieux, situé dans l’ancien quartier turc de la ville, parmi le labyrinthe des étroites ruelles où pas une voiture ne passe. Dans ce vieux quartier de Splatzia, trône le monastère de Saint Nicolas. Non loin, en bifurquant à droite le front de mer atteint, se trouve l’emplacement de l’ancienne porte-est des murs de la ville : la Sabbionera, ainsi nommée par l’occupant Vénitien. C’est dans ce quartier de la ville que résidèrent quelques familles de bédouins que les Egyptiens avaient fait venir pour effectuer les sales boulots. Exploités, sous-payés, ces misérables vivaient dans des abris de fortune, des baraques construites à l’aide de bambous, de planches, de cartons et autres matériaux.

Le port, une vraie carte postale

Arrivé au port, l’immanquable photo du phare, construit durant l’occupation égyptienne, immortalisera la visite. Les chevaux chapeautés et flapis, promenant en calèche des touristes fatigués seront photographiés à leur tour. Le fort de Firkas sera vu de loin car les aiguilles du temps ont tourné si vite et le car va bientôt partir. Chania vaut bien plus que ce rapide détour. Partagée entre l’Orient et l’Occident, entre l’attrait du modernisme et le respect de son passé, Chania surprend à chaque pas.

Les charmes de son quotidien

Paris s’éveille à cinq heures, Chania un peu plus tard.

Lentement la ville sort de sa torpeur. Les vendeurs de koulouria, (pain au sésame, de forme ronde) s’installent aux coins des rues.

Peu à peu, la circulation s’anime, s’intensifie. Les motos envahissent le paysage, se reposent sur les trottoirs, le kaféino voisin en prend possession. Fauteuils et chaises invitent à la farniente.

Au fil des heures, le soleil devient plus brûlant, l’ombre s’élargit, difficile de résister. Le café grec et le café frappé se déposent sur les tables, le komboloï s’anime du bout des doigts. Le parc municipal, havre de tranquillité et de beauté, invite à la promenade.

Le propriétaire du kiosque (periptero) qui vend de tout, (cigarettes, enveloppes, cartes de téléphone, tickets de bus, peigne, épingles et bien plus encore), suspend sur des fils, les quotidiens de la journée. Le passant s’y arrête, survole les gros titres, caresse quelques pages avant d’acheter son journal préféré.

Au marché couvert, sardines, anchois, daurades, rougets, garnissent l’étale du poissonnier, les langoustes, sur le dos couchées, agitent désespérément pattes et mandibules tentant d’échapper à leur triste destin. Un magasin voisin embaume l’air de senteurs méditerranéennes : thym, basilic, sauge, coriandre, piment et paprika s’invitent dans les assiettes.

Le soleil au zénith, darde ses rayons brûlants. Il est 14 heures. Les écoles libèrent des rires d’enfants qui égaient les trottoirs, les portes des magasins se ferment, le travail s’arrête, le trafic ralentit, la ville se prépare à sommeiller. C’est l’heure de la sieste réparatrice à la maison ou sous le parasol de la plage. Les rues se vident, cafés et tavernes se remplissent de ceux qui préfèrent se détendre en face d’un verre ou d’un repas léger.

Vers 18 heures, Chania s’étire, sort de sa léthargie. La rue se réanime le passant reprend possession du trottoir ou du parc municipal.

Peu à peu la pénombre s’installe, les vitrines s’éclairent, les enseignes flamboient, les commerces deviennent plus attirants. Dans quelques heures, l’obscurité va s’installer à son tour, prélude d’une vie nocturne intense qui va bientôt débuter, se poursuivre jusqu’au petit matin. Les soirées sont douces, elles vous accaparent, elles vous attirent, elles vous grisent.

Oui, Chania vaut plus qu’une visite rapide et superficielle. Cette charmeuse est discrète, elle se laisse découvrir lentement, elle se dévoile, peu à peu et pas à pas. Il faut beaucoup de temps pour bien la connaître et bien peu pour pouvoir l’aimer.

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